programme

 

30.4.2020 - 2.5.2020 : La tour cybernétique


Le 30 avril 2020, le festival propose au grand public l'inauguration d'une nouvelle pièce musicale pour la Tour Cybernétique - grande œuvre d'art de l'artiste franco-hongrois Nicolas Schöffer au Parc de la Boverie - réalisée par l'artiste sonore bruxellois Aernoudt Jacobs, suite à une commande de la Ville de Liège.

Cette inauguration sera suivie de deux sessions d'écoute, le 1er et 2 mai au Parc de la Boverie, en présence de l'artiste.

En collaboration avec la Ville de Liège.


 

INFRAULTRA est une mimésis vocale provenant d'enregistrements recueillis avec des outils spéciaux qui révèlent des fréquences et des sons qui existent en dehors de la gamme auditive humaine. Les enregistrements collectés sont des ondes électromagnétiques, des radiations, des modulations d'énergie et de lumière, des émanations inaudibles dans les circuits électroniques, les réseaux électriques, des ultrasons de chauves-souris et enfin des enregistrements VLF de tonnerre et d'éclairs, d'ondes de rebond et de résidus de radiations provenant d'au-delà de notre planète.

La nouvelle composition sonore de la Tour Cybernétique amplifie les vocalisations de sons qui sont au-delà de notre champ auditif. L'idée est d'augmenter la prise de conscience des signaux émanant de notre environnement. Les compositions qui en résultent peuvent être interprétées comme une métaphore de la connaissance, de la compréhension et de la communication et elles remettent en question l'empreinte bruyante, sonore et radiative que nous produisons quotidiennement sur notre planète et au-delà.

Aernoudt Jacobs est un artiste belge qui travaille principalement avec le son. Son travail est à la fois phénoménologique et empirique. Il trouve son origine dans la recherche acoustique et technologique et étudie comment les sons peuvent déclencher des processus sonores qui affecteront le champ de perception de l'observateur.

Son travail se concentre sur une question centrale : comment la complexité, la richesse et la stratification de notre environnement direct et quotidien peuvent-elles être traduites en quelque chose qui peut être réellement vécu. Son travail a été largement exposé au Bergen Art Museum (NO), Macba (ES), ISEA (GER), Singuhr Hoergalerie (GER), Netwerk (BE), NIMK (NL), STUK (BE), Vooruit (BE), Kaaitheater (BE), deSingel (BE), Le Bon Acceuil (FR), Lydgalleriet (NO), Tschumi Paviljoen (NL), Palais de Tokyo (FR) et Hermitage (RU)

Outre sa pratique artistique, Jacobs codirige avec Christoph De Boeck Overtoon une plateforme et une installation de production d'art sonore basée dans le centre de Bruxelles.


 

Conçue en 1961, la Tour cybernétique de Liège se compose d’une ossature tubulaire quadrangulaire haute de 52 mètres, munie de bras de longueurs différentes portant des pales motorisées en aluminium anodisé de formes et de dimensions variées. La Tour est commandée par un cerveau électronique qui réagit, grâce à des capteurs, à différents stimuli (température, vent, bruits de la ville, etc.) et déclenche, via des algorithmes cybernétiques, trois types d’action : mouvements (pales réfléchissantes), sons (diffusion aléatoire de bruits naturels retravaillés et de sons électroniques) et lumières (lumière naturelle réfléchie par les pales le jour, lumière artificielle colorée la nuit). Un « moteur d’indifférence » intervient aléatoirement pour briser toute monotonie dans les réactions de la Tour.

Français, d’origine hongroise, né en 1912, artiste aux multiples facettes, Nicolas Schöffer fut avant tout un créateur d’idées. Ces idées prirent les formes les plus diverses, de la sculpture à l’architecture et à l’urbanisme, en passant par le spectacle, l’écrit ou le graphisme, mais elle firent toujours appel aux techniques les plus actuelles et cherchèrent à restituer à l’art sa fonction première dans la vie sociale, à “changer la vie“, permettant ainsi à l’homme de transcender ses conditions d’existence. En fait, Nicolas Schöffer créa des modèles dans une optique artistique perdue depuis la Renaissance mais avec les moyens sans commune mesure que notre époque met à la disposition des créateurs. Comme il le disait lui-même : “Pourquoi utiliser encore le ciseau de bronze ou le ciseau de fer quand nous avons à notre disposition le ciseau électronique ?“.

Passionné par le monde dans lequel il vivait et sensibilisé à tous les problèmes, tous les besoins de notre société et de notre civilisation, il était fermement convaincu qu’à tous les niveaux de conception et de réalisation dans tous les secteurs de l’activité humaine, l’art “en tant que préalable” est seul capable de conduire l’humanité avec cette transformation radicale que les découvertes scientifiques et le progrès matériel imposent.

“L’artiste, dit-il dans sa préface à La Ville cybernétique, possède l’extraordinaire liberté conceptuelle et imaginative qui lui a toujours permis d’échapper à toutes les contraintes et d’accéder à des dépassements qu’aucune activité humaine n’a pu atteindre“.

Cet art, il le voulait non plus réservé à une élite mais de plus en plus accessible à tous, ancré dans la vie sociale où son influence bénéfique annihilerait progressivement les conditionnements “médiocrisants”, en particulier ceux perçus par notre regard.


30 avril 2020
18h00


1er et 2 mai 2020
20h00

LIÈGE
parc de la boverie


entrée libre


Aernoudt Jacobs, conception et composition

Yannick Guédon, traductions vocales et conseils de mixage
Overtoon, production

Une commande de la Ville de Liège
En collaboration avec le Centre Henri Pousseur et le Festival Images Sonores

INFRAULTRA **





** création mondiale